viernes, 18 de septiembre de 2009

NO MÁS SPLEEN


Sus grandes ojos transparentes me acusaron un instante

Después sólo fue el crepitar de sus cuerpos tenues

Que ya está me dije

Que el olvido sobrevenga

SPLEEN




RECUEILLEMENT


Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici :
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.

Pendent que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma Douleur, donne-moi la main, viens par ici,

Loin d’eux. Vois se pencher les défuntes Années
Sur les balcons du ciel, en robes surannées ;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant ;

Le soleil moribond s’endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l’Orient,

Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.

BEAUDELAIRE

domingo, 13 de septiembre de 2009

Hoy- Residiendo en la pisada de los elefantes - (Pisando con coraje en su residencia)



Presta atención a los elefantes del paso del tiempo

Presta atención a Behemot: se alimenta de hierba como el buey. Mira qué
fuerza en sus riñones, qué vigor en los músculos de su vientre. Endereza su cola
como un cedro, se entrelazan los nervios de sus muslos. Sus huesos son tubos de
bronce; sus cartílagos, barras de hierro. Es la primera de las obras de Dios,
quien lo hizo rey de sus compañeros. Le pagan tributo las montañas y todas las
fieras que en ellas retozan. Debajo de los lotos se revuelca, en la espesura de
cañas y de juncos. Le cubren los lotos con su sombra, le rodean los sauces del
torrente. Aunque el río anegue, no se asusta; quieto está aunque un Jordán le
llegue al hocico. ¿Quién podrá apresarlo por los ojos o taladrarle la nariz con
una estaca?
.-Libro de Job (XL,15-24)

sábado, 12 de septiembre de 2009

ENIVREZ - VOUS


Il faut être toujours ivre. Tout est là : c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve. Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez- vous.
Et si quelques fois, sur les marches d’un palais, sur l’herbe verte d’un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez l’ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l’étoile, à l’oiseau, à l’horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quel heure il est ; et le vent, la vague, l’étoile, l’oiseau, l’horloge, vous répondront : « il est l’heure de s’enivrer ! Pour n’être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous ; enivrez vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. »

BEAUDELAIRE, Petits poèmes en prose